Dans le cadre du projet CBPTA (Cross Border Personal Travel Assistant) une étude sur les comportements de déplacement des frontaliers / navetteurs a été réalisée. A l'aide d'une iPhone et d'une application dédiée utilisant la géolocalisation, les déplacements d'utilisateurs correspondant à plusieurs profils différents (femme, homme, âge, domicile, lieu de travail, ...) ont été rencencés pendant une semaine entière.
Les premiers résultats de l'étude sont maintenant en ligne.
Il s'agit des points de blocage réels et des points de blocage ressentis par les utilisateurs :
Les points de blocage réels concernent les vitesses instantanées de moins de 10 Km/h recensées sur le réseau routier en véhicules motorisés.
La limite d'interprétation se situe au niveau du réseau routier secondaire où les points de blocage représentent des arrêts forcés au niveau de feux tricolores, de "stop" et de ronds points. Ces arrêts ne constituent pas des points de blocage dus à la saturation du réseau.
Les points de blocage réels caractéristiques se concentrent d'une part aux différents grands axes de franchissement de la frontière (Zoufftgen, Mont-Saint-Martin et Audun-le-Tiche), et, d'autre part sur certains échangeurs autoroutiers.
Dans tous les cas de congestion, la saturation du réseau routier intervient lors de la perte de capacité théorique de la voirie. Par exemple, à la frontière entre Audun-le-Tiche et Esch-sur-Alzette, c'est la présence d'un feux tricolore qui diminue la capacité de la RD16. De façon générale, cette perte de capacité est engendrée par des évènements contextuels à l'organisation du réseau notamment par la réduction du nombre de voies de circulation.
Les points de saturation sur certains échangeurs autoroutiers se situent globalement aux entrées et sorties des villes du réseau LELA+. Dans ces cas précis, la saturation intervient par remontée de file lors des fortes valeurs de trafic aux heures de pointe du matin et du soir et caractérisée par leur sous-dimensionnement en créant des ralentissements chroniques sur l'axe principal.
Les points de blocage ressentis par les usagers représentent la localisation de la saturation récurrente du réseau routier et de la saturation temporaire due à des évènements exceptionnels tels que les travaux d'aménagement, les accidents et les obstacles nécessitant l'intervention des gestionnaires de voiries.
Les travaux sur l'A31, entre l'échangeur avec l'A4 et la bifurcation de l'A30, durant la période d'enquête ont été assez mal vécus par les frontaliers, provoquant un allongement certain de leur temps de trajet domicile-travail. Globalement, les zones de congestion identifiées comme récurrentes se situent aux différents passages de la frontière et aux entrées et sorties d'agglomération sur les échangeurs.
Les usagers confirment donc l'identification des points de blocage réels.
Cependant, nous notons un décalage entre le ressenti des usagers et le nombre d'occurrence de vitesses en dessous de 10 Km/h au passage de la frontière entre Audun-le-Tiche et Esch-sur-Alzette. Ce décalage peut s'expliquer par le fait que cette zone de congestion, qui n'est plus identifiée systématiquement, est désormais une constante. En effet, lors de son déplacement domicile-travail, l'usager se figure davantage la carte mentale des temps de trajet que celle des distances. Il a désormais intégré ce ralentissement dans son temps de parcours, faisant de la récurrence de la saturation un objet invariable.
L'identification d'une zone de congestion par les usagers est donc largement fonction de la variation du budget temps alloué à leurs déplacements domicile-travail.